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Prove them wrong.

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Kane
Aberration
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Lun 2 Oct - 23:35
Kane s’efforce de faire bonne figure, mais il se sent encore très mal. Même s’il commence à vivre avec la disparition de sa sœur, ce n’est pas encore évident. On va dire que le pire est passé. Le jeune homme a eu beaucoup de chance. Son quotient total n’a pas dépassé 300, donc il a la vie sauve, mais toujours est-il qu’il n’aurait pas dû hériter d’un poste avec autant de responsabilités. Il est probable que le Gouvernement ait voulu le mettre dans une position où il aurait les pieds et les mains liés.

Un jour en fin d’après-midi, il est récupéré par des Officiels, qui l’escortent jusque dans le quartier sud, là où les grands responsables de la société et les Modèles vivent. C’est très angoissant pour le jeune homme. Il ne sait pas où il va et surtout, il ne sait pas sur qui il va tomber. Les personnes qui l’accompagnent ne se montrent même pas rassurantes. Ils ont simplement pris la peine de lui mettre en bracelet pour annihiler son pouvoir le temps du trajet et des négociations avec les personnes qui ont demandé la protection. Comme si la puce qui les empêchent de tuer ne suffisait pas. Kane reste muet et le trajet semble alors durer une éternité.

Lorsqu’enfin la voiture ralentit et qu’ils se garent sur le bas-côté, ils sont devant une grande demeure, beaucoup trop grande pour sa propre famille. Kane suit les Officiels sagement vers la maison, puis patiente avant que la porte ne s’ouvre sur un visage qui lui est beaucoup trop familier : Aldébaran Keppler, chef du parti progressiste. Le jeune homme est presque soulagé de le voir lui plutôt qu’un autre. L’homme fait rentrer tout le monde et installe ses invités dans le salon. Tout est d’un blanc immaculé, de la maison jusqu’aux vêtements des Officiels et du président. Dans ce décor, le jeune homme détonne, il est le seul habillé de noir. Sans aucune hésitation, Aldébaran se dirige vers lui avant de déclarer :

— Bonjour, Kane. Je suis Aldébaran Keppler, mais je suppose que tu le sais déjà.

Le jeune homme baisse le regard face à l’Humain. Les Aberrations font souvent ça pour éviter d’attiser la colère des Humains. Surtout qu’ils semblent avoir très peur de leurs yeux, surtout quand ils ont la cornée noircie.

— Bonjour Monsieur Keppler, dit le brun d’une petite voix.

Nerveux, Kane ne rate pas l’occasion de sursauter quand le président attrape son poignet. Par réflexe, il tente un mouvement de recul, avant de tendre son bras à Aldébaran en s’excusant. Ce dernier lui enlève alors son bracelet avant d’annoncer aux Officiels que l’Aberration lui convient. Il retourne donc vers la table du salon et signe les papiers. Il discute un peu avec les Officiels avant de les congédier. Aldébaran en profite donc pour parler un peu avec Kane, avant d’héler :

— Astraé, tu peux descendre ?


Quand celle-ci montre le bout de son nez, Kane ne peut pas s’empêcher de l’observer avant de baisser les yeux rapidement, avant qu’elle s’en aperçoive et qu’il prenne le risque de se faire réprimander. Aldébaran dit donc à sa fille :

— J’ai encore du travail à la tour. Je te laisse avec Kane, comme tu seras amenée à être souvent avec lui, profites-en pour faire connaissance.


Que cela plaise ou non à sa fille, il ne lui laisse pas vraiment le choix. Après quoi, il embrasse la joue de sa fille avant de disparaître dans l’entrée et de partir. Kane se retrouve alors seul avec la dite Astraé. Le jeune homme voudrait partir en courant, ou encore se cacher, mais vu le décor et sa tenue, ça serait plutôt difficile. Il n’est pas dans son élément, loin de là. Si le jeune homme est angoissé, il n’en montre rien, jusqu’à nouer ses mains tremblantes dans son dos.


A SEVEN NATION ARMY
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Mar 3 Oct - 1:37
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feat. @Kane
Elle vagabondait de phalange en phalange, au rythme du mouvement cadencé de mes doigts. Je pourrais passer des heures et des heures à observer cette pièce voyager ainsi sur ma main. Un sourire rêveur aux lèvres, je me demandais ce que cette pièce pouvait bien faire dans ma chambre. Cela devait faire une bonne semaine que je l'avais sortie du fin fond d'un tiroir. Je n'étais pas censée avec cet objet. Ces insignifiantes choses appartenaient à un monde qui s'est laisser dépasser suite à son manque d'efficacité. Nos esprits sont bien plus focalisés aujourd'hui, chacun a une tâche à accomplir. C'est ainsi que l'on peut survivre : en récompensant les utiles et en se débarrassant des plus inutiles. Je ne suis pas totalement opposée à cette idée : qu'on jette les moins que rien qui ne sont pas capable de faire le moindre effort pour notre société, d'accord. Mais il y avait une mise en valeur de la vie selon le rang de chacun ; au-delà de l'utilité, nous étions tous positionnés par rapport à notre fonction. Selon notre mérite. Pourtant, des personnes n'entrant pas dans les clous précis du gouvernement avaient parfois bien plus à apporter qu'un simple mouton suivant ce qu'on lui dit de suivre.

Quelque part, j'aimais l'idée d'être un mouton : de me laisser porter. Mon éducation m'avait poussée à voir le monde d'une toute autre manière que ce que l'on m'enseignait à l'école. Marcher dans les clous tout en ouvrant les yeux sur ce qui se fait, ce qui se passe, c'est sans doute-là le fardeau des Keppler. J'étais si loin de me croire capable de représenter un jour correctement les idées de mon père... Une pression que je gardais silencieuse, continuant à apprendre des membres du parti, aidée par mes parents dès lors que je prends un mauvais chemin. Je n'étais pas seule, c'est sans doute ce qui me sauvait quelque part. Les avoir près de moi, c'était une force. Un atout que tout le monde n'avait pas forcément de nos jours : une famille. « Astraé, tu peux descendre ? » La voix de mon père résonna dans la demeure, me faisant légèrement sursauter. Sans répondre, ne souhaitant hurler à travers les murs, je me pressai afin de le rejoindre. Descendant les escaliers de pas légers mes prestes, je déchantai à la vue de l'invité que nous avions. J'avais oublié qu'il recevait aujourd'hui l'Aberration qui serait son nouveau garde du corps. Une Aberration pour le protéger... je n'aimais pas cette idée. Et il n'était pas sans le savoir.

Les histoires que l'on entendait sur les Aberrations étaient souvent vraies, quoi que puisse en dire mon père. Bien que le gouvernement s'acharnait sur eux, je ne pouvais pas croire que ceci était infondé. Peut-être que la situation actuelle était le résultat d'un échange de balle. D'une boule de neige que chaque camp avait alimenté au fil des décennies. Le fait est qu'aujourd'hui, il était difficile d'accorder sa confiance à une Aberration. Même si je leur laissais le bénéfice du doute à chaque rencontre, je restais toujours sur mes gardes, méfiante. Après tout, j'avais vu des humains m'humilier et me traîner plus bas que terre, mais à mon souvenir, aucune Aberration ne m'avait fait de mal. Un comble, non ? Pour moi, les humains aussi devraient se voir implanter ces puces. On éviterait sans doute bien d'autres méfaits. « J’ai encore du travail à la tour. Je te laisse avec Kane, comme tu seras amenée à être souvent avec lui, profites-en pour faire connaissance », échappa mon père avant de voler une bise et s'enfuir. Je tendis mon bras pour rattraper sa main mais sans succès, il s'était déjà évanoui dans la nature.

Yeux écarquillés, lèvres serrées, je me retournai doucement vers l'Aberration. Tentant d'adoucir mes traits afin de ne pas paraître méprisante, je lui accordai un sourire silencieux. Il évitait mon regard. Ce Kane avait l'air encore plus mal à l'aise que je ne l'étais. Essayant de voir son poignet qu'il cachait dans son dos, je me rappelai que je tenais encore la pièce avec laquelle je jouais dans ma chambre. La serrant dans ma paume, j'allais devoir faire attention de la laisser bien cachée. Ma tunique blanche avait une poche de chaque côté, mais la pièce n'y passerait pas inaperçue. Je trouverai sûrement un moyen de m'en débarrasser assez tôt. « Tes mains... laisse-les en évidence, veux-tu ? » Demandai-je à l'Aberration en pensée à ce que lui aussi pourrait très bien cacher dans ses mains. Consciente que cette première approche était certainement la plus laborieuse de toute l'histoire des relations humain-aberration, je tentai de me rattraper pour dissiper l'atmosphère tendue qui se voulait de plus en plus pesante. « Mon père veut que nous fassions connaissance : je ne suis pas vraiment très douée pour faire connaissance. Si on faisait plutôt un question-réponse ? Je te pose une question, tu réponds, tu poses une question, et ainsi de suite. C'est à ta portée, Kane ? » Énonçai-je tout en me dirigeant vers l'un des fauteuils du salon. Je lui en indiquai d'ailleurs un d'un signe de main. Mais peut-être préférerait-il rester debout. J'attendis de voir ce qu'il préférait, ne m'asseyant que si lui le souhaitait. Je n'aimais pas que la différence de position ne vienne s'ajouter aux différences de statut lors des échanges cordiaux.
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Kane
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Mar 3 Oct - 13:27
Étonnamment, Astraé lui sourit. C’est alors qu’il se rend compte qu’il l’a regardée avec peut-être un peu trop d’insistance, sinon, il n’aurait pas pu remarquer cela. Aussitôt, son regard se fixe sur les pieds de la jeune femme. Au moins, elle ne penserait pas qu’il la fixe.

— Tes mains... laisse-les en évidence, veux-tu ?
demande-t-elle.

Le jeune homme s’exécute alors immédiatement, dévoilant de nouveaux ses bras tatoués, signe distinctif de son statut. Les Humains étaient loin d’avoir le droit d’arborer ce genre de pièces d’art corporelles. Certes, ce n’est pas le seul endroit où sa peau est noircie, mais c’est le seul qui soit visible. Il ne peut pas s’empêcher de jouer avec ses doigts, pour cacher davantage sa nervosité. Au moins, ils sont deux à ne pas se faire confiance. Ça donnait le ton. Aussi, il ne peut s’empêcher de penser qu’elle a peur de se faire tuer par l’Aberration. Mais le sait-elle seulement ? Le Gouvernement s’applique tellement à faire croire que les gens comme lui sont des assassins, alors que les Aberrations sont tout bonnement incapables de faire du mal à qui que ce soit.

— Mon père veut que nous fassions connaissance : je ne suis pas vraiment très douée pour faire connaissance. Si on faisait plutôt un question-réponse ? Je te pose une question, tu réponds, tu poses une question, et ainsi de suite. C'est à ta portée, Kane ?
— Oui, mademoiselle,
acquiesce-t-il d’une petite voix.

Ça pouvait paraître étrange qu’il lui parle ainsi, alors qu’ils ont le même âge mais il faut bien dire qu’il a été formé et éduqué pour parler ainsi aux Humains. Ces derniers sont imprévisibles, alors il fait en sorte de ne pas vexer Astraé. Ils lui ont déjà fait du mal. Kane sait d’expérience que les Humains n’aiment pas être contrarié. Alors il ne veut pas connaître le courroux d’Astraé à son égard.

La jeune femme se dirige vers l’un des fauteuils du salon, le brun la suit alors, tout en veillant à ne pas trop s’approcher. Si on devait comparer l’attitude de Kane à autre chose, il agirait comme un animal sauvage dans une cage, effrayé par ce qu’il ne connait pas. Il reste debout, raide comme un piquet, laissant au moins un ou deux mètres entre eux. La véritable personnalité de Kane s’enfonce dans les tréfonds de son cœur, ne laissant rien entrevoir de sa partie humaine. Alors il se comporte comme la société l’attend de lui. Il se comportera en un protecteur assuré mais pas en un être-vivant doué de sentiments, d’une volonté propre, et toutes les autres conneries que les Humains disent. Alors pour l’instant, ça le rassure de se réfugier dans cette vision que les autres ont de son espèce. Mais disons qu’il est plus doué pour faire son travail que pour communiquer avec les Humains.

— Je vous laisse commencer, à vous l’honneur.



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Mar 3 Oct - 13:53
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feat. @Kane
Le ton restait plat, la façon dont l'Aberration m'incommodait. Nous étions tout deux loin de nous sentir à notre place. Or, en tant qu'humaine, j'étais inéluctablement plus à ma place qu'une Aberration. Ce n'était pourtant pas le sentiment que j'avais. La différence qui nous divisait était un masque que nous forçait le gouvernement à revêtir. Mais autant qu'on attendait de lui la servitude, on attendait de moi la supériorité. Ce que je ne prétendais pas avoir. Loin de là. Méfiante, je ne pouvais toutefois pas prendre le risque de laisser ce jeune homme s'autoriser le moindre écart. Je n'avais pas confiance. Si on pouvait prêter ce manque de confiance à sa nature d'Aberration, on pouvait tout aussi bien l'attribuer à mes expériences passées qui impliquaient bien plus souvent des humains que des personnes comme lui. Comme tous, il aurait face à moi le bénéfice du doute. Ses mains en vue, je vis qu'il n'avait pas de bracelet. Une inspiration et une longue expiration. Il ne doit, de toute façon, pas avoir la moindre raison de s'en prendre à moi. Après tout, mon père lui offrait une place de choix : protecteur d'un président, ce n'est pas rien. Mes yeux s'arrêtèrent succinctement sur les tatouages qu'il arborait. Voilà une personnalisation de soi qui était bien ardemment défendue par le gouvernement ; nous devions tous suivre le même modèle, correspondre à une uniformité complète. Tenteraient-ils un jour d'uniformiser également nos idées et nos façons de penser ?

Kane attesta d'une voix basse qu'il pouvait être capable de s'adonner au jeu que je lui proposais. Un jeu qui n'allait pas promettre de grands éclats de rire au vu de son visage. Une fois au salon, il resta debout, raide comme un piquet. Roulant des yeux, je restai également debout. La distance qui nous séparait avait un côté rassurant. En même temps, ce Kane paraissait savoir quelle était la place que les Officiels voulaient qu'il ait dans cette maison, au sein de cette famille. L'Aberration avait certainement beaucoup à perdre s'il manquait au protocole. « Je vous laisse commencer, à vous l’honneur », déclara-t-il avec retenue. Son vouvoiement me gênait, autant que sa posture à vrai dire. Il ne paraissait pas être le genre Aberration modèle qui tente de se faire une place en toute légitimité dans ce monde. Il semblait à la fois perturbé et préoccupé. Ce qui pouvait s'expliquer facilement au vu de la situation. Il se trouvait dans une maison de citoyens modèles, vêtus de blancs, peaux immaculées, symboles d'une réussite là où, de part sa nature, il avait échoué dès la naissance. Le gouvernement ne laissait que l'illusion d'une chance pour les Aberrations. Ce qui avait toujours indigné mon père. Nos actions devraient nous construire, et non pas notre nature : humaine ou aberrante. Ce n'est d'ailleurs pas dans l'écueil d'une curiosité sur sa nature d'Aberration qui me vint à l'esprit pour cette première question, mais quelque chose de réellement personnel. Quelque chose qui le définit bien plus que la couleur de ses cheveux ou son pouvoir. « D'accord. Quelle est ton activité préférée ? Que ce soit un sport ou un loisir. »
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Kane
Aberration
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Jeu 19 Oct - 0:32
Le jeu a quelque chose d’original en soi. En effet, quelques jours avant, elle et sa famille avait dû recevoir un dossier le concernant, ses données personnelles ainsi que ses antécédents, notamment comme quoi il a fait partie de Vostania, qu’il a perdu sa sœur et qu’il a essayé de tuer son professeur, une Aberration certes, mais un représentant du Gouvernement tout de même. Donc soit elle se fiche de son dossier, soit elle ne l’a pas lu, soit son père a fait en sorte qu’elle ne mette pas la main dessus.

— D’accord. Quelle est ton activité préférée ? Que ce soit un sport ou un loisir.

Kane reste silencieux quelques secondes. La question n’est pas habituelle pour un humain. Ces derniers ne s’intéressent pas aux Aberrations et sont encore intéressé par ce qui les rend unique les uns des autres. Pour eux, ce sont des monstres sans cœur qu’on peut utiliser de manière ponctuelle, ni plus, ni moins. Donc oui, cette question a de quoi désarçonner le jeune homme, qui finit par répondre et à choisit la carte de l’honnêteté plutôt que celle de l’uniformité :

— J’aime lire. Et… les tatouages.

Pour le jeune homme les tatouages sont une véritable source artistique. Bien qu’aujourd’hui, ils sont devenus la marque de fabrique des Aberrations, un moyen de les reconnaître parmi les Humains alors qu’ils leur sont en tout point semblable. Kane fait aussi du sport, mais ça n’est pas son activité favorite. Il doit faire du sport, et c’est plus pour s’entretenir physiquement que pour s’amuser. Certains y prennent du plaisir mais lui, pas tellement. Il reste un moment silencieux, avant de se rappeler qu’il doit poser une question.

— Qu’est-ce que tu… vous… aimez manger ?

L’Aberration s’attend déjà à des représailles de la part de la jeune. D’expérience, il sait qu’un Humain peut réagir vite. La moindre erreur peut être fatale. Alors Kane se méfie. L’angoisse commence à monter, alors il s’applique à respirer lentement, profondément, pour qu’elle ne le gagne pas trop rapidement, voire pas du tout. Tout ce blanc est terriblement oppressant pour le brun. Il n’a pas l’habitude de fouler les maisons des modèles. Le Centre-ville est moins immaculé. Paradoxalement, c’est son professeur, celui qu’il a essayé de tuer, qui lui a appris à se calmer ainsi. Il ne lui a pas tenu rigueur de ce qu’il a fait semble-t-il, ou il a compris ce qui l’a poussé à agir de la sorte, à l’époque.


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Lun 6 Nov - 17:47
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feat. @Kane
Les affaires de mon père me concernaient indirectement toutes. De part le fait que nous faisions partie de la même famille et également à cause de ce chemin qu'il me fallait prendre : celui de sa suite. J'en retirais un certain honneur mais intérieurement, cela me terrifiait. C'est sans doute une réaction normale. Les postes à responsabilités sont faits pour des personnes expérimentées et compétentes. J'étais loin d'avoir le profil pour correspondre à ces conditions. À cela mon père aurait cherché à me rassuré, sur quelques mots et une accolade à relativiser les choses pour qu'elles me paraissent plus accessibles. Un vrai politicien. Parfois autant avec moi qu'avec ses opposants politiques. Je ne m'étais pas renseignée plus que cela sur l'Aberration qui le suivrait lors de ses déplacements. Il connaissait mon avis sur la question et n'avait pas insisté. Pensant que de toute façon je lirai tôt ou tard son dossier. Mais qu'il s'agisse d'humain ou d'Aberration, je n'étais pas confortable à l'idée de découvrir une personne à travers des mots formels et administratifs.

Cette façon que j'avais de considérer les Aberrations comme des êtres à part entière avait de quoi étonner. J'ignorais si mon père était inquiet de ce que cela pourrait laisser penser aux autres. Il se souciait de l'image de notre famille mais surtout de ma sécurité. À n'en pas douter. Il ne devait pas avoir de grands retours sur la question. Mon équilibre entre distance et considération devait suffire à ce que l'on ne vienne pas me coller l'étiquette d'une pacificatrice que je ne saurais assumer à mon âge. « J’aime lire. Et… les tatouages », parvint-il à répondre. « C'est original. » Je laissai mes yeux tenter d'observer certaines des encres qui ont pénétré sa peau. Les tatouages me paraissaient être un goût normal pour une Aberration. Après tout, quitte à ne pas pouvoir appartenir foncièrement à une communauté, autant tout faire pour parvenir à se posséder soi-même : quoi de mieux pour cela que de se repeindre de façon indélébile ? Par contre, la lecture me semblait plus étonnante. Il n'avait pas la tête d'une personne bien instruite et cultivée. Mais sans doute était-ce le mal de toutes les Aberrations, ce qui invitait ce genre de stéréotypes idiots auxquels je les conformais injustement.

Un silence plana au-dessus de nous comme une brise au-dessus des toits, bercée par le vide. Il finit par poser sa question. « Qu’est-ce que tu… vous… aimez manger ? » J'esquissai un sourire à son hésitation. Il allait certainement avoir du mal à s'en tenir au protocole en présence d'une humaine ayant pratiquement son âge. Mais je me retins de l'encourager à braver cette bienséance du vouvoiement des humains. Cela me démangeait... cependant, ça ne serait pas lui rendre service. « Je ne suis pas une grande gourmande, mais je fais partie de ces personnes qui peuvent se permettre de considérer la nourriture parfois comme un plaisir, et non pas seulement comme une question de survie alors je peux me permettre d'apprécier certaines choses plus que d'autres... », répondis-je sur un ton qui me paraissait bien moins sombre dans mon esprit. « Ça peut paraître enfantin et bête, mais j'aime manger tout ce qui est jaune », ajoutai-je en souriant innocemment. « As-tu des amis qui t'attendent chez toi, après ton service ? » La vie sociale des Aberration m'échappait. Non pas qu'ils devaient être à ce point différents de nous, mais de l'autre côté, nous ne savions pas tellement ce qui se tramait. En tout cas moi, je n'étais pas vraiment au fait de comment se passaient les rapports entre Aberrations. Étaient-elles toutes solidaires entre elles ? Y avait-il une sorte de sectarisme autour de certaines ? Peut-être que la situation de Kane s'éloignait de toute façon de la généralité. Après tout, si mon père l'avait choisi lui plutôt qu'un autre, c'était sûrement pour une raison. Et la curiosité m'éprenait de plus en plus. Après notre rencontre, il y aura de fortes chances que je me décide à, effectivement, lire le dossier de Kane.
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