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Mission: faire capoter la réunion de famille #1 [Libre]

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Yindi Nai
Humain(e)
Occupation : Chimiste
Messages : 24
Habitant de la Citadelle depuis : 13/02/2017
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Sam 23 Sep - 11:54
Les souliers, par centaines, rencontre le sol dallé de la Place à intervalles réguliers, mût par la seule volonté des personnes les portant aux pieds. Sans sourcilier, tels des horloges, ils synchronisent leurs pas, suivant tous sans exception le même rythme, soulevant et reposant avec force leurs jambes dans un mouvement mécaniques. Quasiment identiques, ils empruntent un chemin qu'ils connaissent parfaitement pour l'avoir déjà parcouru tant et tant de fois les jours passés. De temps en temps, ici et là, une chaussure dévie légèrement de quelques centimètres avant de retrouver le droit chemin.

Une paire de chaussures semble ne pas avoir sa place parmi ses semblables. Dans un style désuet, à petit talon, elle se distingue des autres par son originalité : elle ne possède pas la même couleur terne et sans vie de ses compagnes, au contraire, elle brille à la lueur orangée de l'horizon. Pourtant, elle aussi suit le même tempo que ses compères, même si elle retarde de quelques millièmes de seconde. Un rien qu'on ne peut percevoir, mais qui fait tâche devant cette marée de monstre-métronome que constitue les comparses des demoiselles chaussures.

Il ne faut pas en vouloir à ses malheureuses chaussures, le propriétaire en est grandement responsable de l'inconventionnalité de ses souliers, lui-même étant, avec ses vêtements, quelque peu unique dans son genre. Oh, pas d'inquiétude, il rentre parfaitement dans la norme, mais c'est loin d'être un modèle comme certains membres de la Citadelle. Il aime jouer avec les limites imposées par les têtes bien-pensantes, être dans la légalité sans vraiment l'être et découvrir ce que le Gouvernement cache sous le nom d'Aberrations. Ironie du sort, on a décidé de le faire travailler dans ce domaine : il est chimiste. On aurait pas pu mieux choisir, si l'esprit facétieux principale concerné avait été pris en compte : le principe de son emploi lui plaît, la pratique mise en place, beaucoup moins.

Cependant, ce qu'il apprécie encore moins, c'est le message laissé sur son téléphone portable par son oncle, lui demandant de passer chez lui le weekend prochain. Il n'aime pas son oncle, ses idéaux, sa façon de penser, sa maison, ni ses cousines, surtout Wendi ; son oncle qui ignore le passé, la maison qui est trop austère et terne, ses cousines qui ne le comprennent pas et sa chère Wendi qui est incapable de voir l'évidence même, comment vouloir retourner pour deux petits jours dans ce lieu qui le tourmente plus qu'autre chose ?

Cette maison renferme trop de soucis, trop de questions sans réponse, trop de choses qui pourrait le faire basculer dans le mauvais groupe de citoyens sous une impulsion nouvelle. Faire profil bas, agir comme tout le monde avec le minimum d'écart, voilà à quoi il doit penser. Ce n'est pas très difficile, du moment qu'il reste loin des sujets qui fâchent, mais impossible lorsqu'il rentre dans l'habitat de son oncle. Les réunions de famille sont toutes les mêmes, et il y sent toujours le besoin d'y crier sa colère et sa haine, ce qui fait rarement plaisir, alors autant rester en bon terme le plus longtemps possible.

Il soupire, prend son portable, et y tape le numéro de son oncle. Il ne veut pas se rendre à cette réunion.

《Wei, bonsoir mon oncle, comment vas tu ? 》

Son oncle va bien, comme d'habitude. Comment cela pourrait être autrement ? C'était la question usuelle qu'on pose tel un automate. Rien de bien intéressant.

《Oui, moi aussi. Je t'appelle parce que je ne pourrais pas être présent le weekend prochain à la maison. 》répond-t-il à son oncle au classique “Je vais bien, et toi ? Comment vas-tu ?”.

L'oncle Nai est insatisfait de la réponse de son neveu, et il le sent bien au travers du combiné grâce à l'intonation de la voix. Il n'a pas le droit de ne pas venir, il le sait bien, pas la peine de le répéter une nouvelle fois.

《Avec le travail, je n'ai pas beaucoup de temps libre, tu le sais bien. Et le weekend, je suis occupé avec diverses activités qui me tiennent à cœur.》

Il ment, en réalité, il a un emploi de temps beaucoup plus léger, mais il vaut mieux que personne ne le sache. Son oncle et Wendi risquent de le solliciter plus qu'il ne le souhaite. C'est toujours épuisant d'être avec eux, étouffant.

《Quoi ? Faire la réunion de famille chez moi ? Le dimanche soir ? Je ne veux pas, c’est absolument hors de question ! C’est privé et trop petit !》 crie-t-il au téléphone, presque affolé.

Il ne veut pas que sa famille entre dans son appartement. Impunément, ils vont en profiter pour critiquer sa décoration, l’agencement des pièces, mais surtout commenter sa vie privé strictement personnelle, ses relations et ses fréquentations. À cela, il faudrait ajouter la préparation du dîner pour une bonne dizaine de personnes, l’incapacité de s'éclipser en douce de la réunion, et parler de ce qui l’aurait tant empêcher d'accueillir la famille plus tôt dans la journée. Il n’avait pas de raison valable aux yeux de son oncle, voilà le problème.

《Bien, puisque tu le souhaites, c’est moi qui accueillerais la réunion de famille, dimanche soir prochain.》 dit-il avant de raccrocher, un léger sourire aux lèvres.

Ses yeux brillent d’une lueur nouvelle, dangereuse. Il ferait capoter la réunion de famille, et ce, avec un stratagème simple mais efficace. Inviter, dans son appartement, une personne étrangère à la famille. Ainsi, personne n’osera commencer la réunion ennuyeuse, barbante et assommante. Reste à trouver la bonne personne.
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